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image description Vers une méthode de détection précoce des sujets à risque de maladie d'Alzheimer
Les altérations cérébrales qui caractérisent la maladie d'Alzheimer sont des processus très lents susceptibles de débuter plus de 10 ans avant les premières manifestations cliniques. La possibilité de détecter de manière précoce ces altérations permettrait une identification des sujets à risque et la mise en œuvre de mesures préventives. Il n'existe pas aujourd'hui de marqueur biologique ou de méthode non invasive connu permettant de déceler la présence de plaques β-amyloïdes ou de dégénérescences neurofibrillaires, toutes deux caractéristiques de cette affection. Les peptides β-amyloïdes, dont il existe deux formes majoritaires de 40 et 42 acides aminés, sont produits sous forme soluble avant de former des dépôts insolubles constituant les plaques β-amyloïdes. Des données récentes semblent indiquer que la quantité de peptide β-amyloïde présent sous forme de plaques peut influencer le métabolisme local et la clairance de la forme soluble vers le compartiment plasmatique. Toutefois, il n'existe pas de corrélation directe entre les niveaux plasmatiques de peptides β-amyloïde et l'étendue des plaques au niveau cérébral.

Dans une étude récente sur un modèle animal de la maladie d'Alzheimer, un groupe de chercheurs américains a essayé de corréler la dynamique de l'efflux des peptides β-amyloïdes avec l'étendue des dépôts β-amyloïdes au niveau cérébral. Ce travail a été réalisé sur des souris transgéniques exprimant une protéine précurseur β-amyloïde possédant une mutation découverte dans une forme familiale de la maladie d'Alzheimer. Ces souris, qui toutes développent des dépôts amyloïdes entre 3 et 6 mois, ont été étudiées à un âge compris entre 12 et 13 mois. La grande variabilité de l'étendue des dépôts amyloïdes a été mise à profit par ces chercheurs pour établir des corrélations avec les concentrations plasmatiques des formes solubles des peptides dans diverses situations.

Les résultats obtenus confirment tout d'abord l'absence de corrélation entre l'étendue des dépôts cérébraux et les niveaux plasmatiques de base des deux peptides principaux. Par contre, l'injection intraveineuse d'un anticorps monoclonal dirigé contre ces molécules induit une augmentation importante et rapide du niveau plasmatique de ces deux peptides qui est corrélée à l'étendue des dépôts amyloïdes au niveau du cortex et de l'hippocampe. La même corrélation a été trouvée entre la quantité totale de peptide libéré dans le plasma sur une période de 24 heures et les dépôts cérébraux.

Ces données montrent que la clairance des peptides β-amyloïdes du cerveau vers le compartiment plasmatique est bien un processus dynamique, leur efflux étant facilité par la présence dans la circulation périphérique d'un anticorps dirigé contre ces molécules.

Si l'administration d'un anticorps monoclonal de ce type donnait des résultats similaires chez l'homme, son utilisation pourrait constituer, selon les auteurs, une méthode simple de détection de l'extension des dépôts amyloïdes chez des sujets encore à un stade pré-clinique de la maladie d'Alzheimer. Elle pourrait aussi permettre de suivre la réponse à un traitement, constituer une aide au diagnostic différentiel des démences, voire même, qui sait, participer au traitement.
La concentration plasmatique du peptide β-amyloïde (forme à 40 acides aminés) a été mesurée 24h après injection d'un anticorps monoclonal spécifique des β-peptides
Dépôt β-amyloïde dans l'hippocampe Concentration plasmatique en β-peptide 24h après injection d'un anticorps ( pg/ml)
0 à 1,4% < 4030
1,4 à 18,2% 4030 à 10431
18,2 à 34,5% > 10431
Publié en Avril 2002
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : DeMattos RB, Bales KR, Cummins DJ, Paul SM, Holtzman DM. Brain to plasma amyloid-β efflux: a measure of brain amyloid burden in a mouse model of Alzheimer's disease. Science, 2002; 295: 2264-2267