Après 85 ans, l’insuffisance cardiaque est très fréquente et insuffisamment diagnostiquée.

La prévalence de l’insuffisance cardiaque est en constante augmentation chez les personnes âgées. Le vieillissement de la population et son cortège de comorbidités, couplés à une meilleure survie après un infarctus du myocarde, en sont les principales causes. La prévalence de l’insuffisance cardiaque au grand âge chez les personnes qui vivent à domicile, et en dehors de toute consultation hospitalière, reste mal documentée. Une équipe britannique s’est proposée d’établir un état des lieux chez des personnes de 87 à 89 ans qui participaient à l’étude Newcastle 85+ Study. Un praticien s’est déplacé au domicile des 376 participants afin de pratiquer une échographie standardisée ainsi qu’un ECG à l’aide d’appareils portables. La présence d’une dyspnée et sa sévérité ont été renseignées grâce à un questionnaire. Une spirométrie a également été réalisée afin de préciser leurs capacités respiratoires. Parmi les participants, 57% avaient une hypertension connue. Une cardiopathie ischémique et des signes d’infarctus du myocarde ont été retrouvés chez 44 et 20% des sujets respectivement, dont un tiers des cas ont été découverts lors des examens à domicile. Une dysfonction systolique (fraction d’éjection ≤ 50%) a été mise en évidence chez 32% des participants, et 20% avaient une dysfonction diastolique modérée à sévère avec une éjection préservée. Une dyspnée d’effort était rapportée chez 62% des personnes qui avaient une altération de la fonction ventriculaire. Cette étude a révélé que 84% des dossiers médicaux des sujets qui, à l’examen, présentaient une atteinte de la fonction ventriculaire gauche et une dyspnée d’effort, ne comportaient aucune mention de ces affections. Cette enquête, réalisée en Grande Bretagne, montre qu’une altération de la fonction ventriculaire associée à une dyspnée d’effort est très fréquente après 85 ans. Malgré tout, seuls 20% des patients symptomatiques sont diagnostiqués.

Publié en Décembre 2012
Auteur : L. Teillet - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Yousaf F et al. Heart. 2012;98:1418-1423.