Avoir l’impression de bien dormir est de première importance en soins de suite et de réadaptation.

La qualité du sommeil est un paramètre important dans la prédiction du risque de morbidité et de mortalité chez les seniors. Dans les unités de soins de suite et de réadaptation, les soins dispensés après une hospitalisation sont orientés vers une récupération aussi rapide que possible des capacités fonctionnelles, dans le but d’un retour rapide à domicile. L’importance de la qualité du sommeil dans la capacité de récupération après des difficultés de santé majeures est cependant peu documentée. Une étude observationnelle a été réalisée sur 245 sujets admis dans 2 unités indépendantes de soins de suite et de réadaptation. Ils étaient âgés de 80,6 ans en moyenne, et aucun d’entre eux ne résidait en institution avant l’hospitalisation. Des questionnaires ont permis de renseigner la perception de l’humeur, des fonctions cognitives, des douleurs éventuelles ainsi que des difficultés de sommeil des participants. Leur qualité de sommeil a été également évaluée à l’aide de l’index de Pittsburg à 2 reprises : lors de leur entrée dans l’unité de réadaptation puis une semaine après. Les patients devaient également porter un actimètre pendant leur première semaine de séjour afin d’analyser de manière objective leurs cycles veille-sommeil. Au cours de l’année qui a suivi, 57 patients sont décédés. Plus le score de Pittsburg au cours de la première semaine était élevé, autrement dit plus la qualité subjective de leur sommeil était mauvaise, et plus le risque de mortalité était augmenté. Cette majoration du risque de décès demeurait significative après ajustement sur les soins reçus, les comorbidités et les capacités cognitives, avec une augmentation de 12% chez ceux qui avaient le score le plus élevé. En revanche, l’index de Pittsburg évalué avant l’hospitalisation ne montrait pas de lien avec le risque de mortalité. Par ailleurs, les données actigraphiques n’étaient pas corrélées au risque de mortalité. Le ressenti apparaît donc davantage déterminant que des paramètres plus objectifs lorsqu’il s’agit du sommeil et de son impact sur la survie chez ces patients âgés fragiles.

Publié en Janvier 2012
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Martin JL et al. Sleep. 2011;34:1715-1721.