Certains facteurs modifiables peuvent réduire le risque de pneumonie nécessitant une hospitalisation.

Les pneumopathies sont à l’origine de nombreuses hospitalisations, en particulier chez les personnes âgées. L’identification des facteurs de risque modifiables permettrait d’améliorer la prévention de ces pneumonies ainsi que les hospitalisations associées. Hormis la prise de certains médicaments, plusieurs facteurs favorisants sur lesquels il est possible d’agir ont été mis en évidence chez les personnes âgées en institution comme l’hygiène bucco-dentaire. Cette approche vient d’être confirmée par l’étude de cohorte Health, Aging and Body Composition chez des sujets vivant à domicile. Ce sont 1 441 participants, âgés de 70 à 79 ans en début d’étude et en bonne santé apparente, qui ont été suivis pendant 10 ans. Un examen de l’état bucco-dentaire avait été effectué lors de leur recrutement. Au cours de l’étude, 193 individus ont dû être hospitalisés en raison d’une pneumonie confirmée lors des examens effectués à l’admission. L’analyse multivariée des données a permis de retrouver 5 paramètres non modifiables associés à la pneumonie : le sexe masculin, le tabagisme au cours de la vie passée, une histoire de pneumonie, une insuffisance respiratoire et le fait d’être blanc. Seuls 2 paramètres modifiables étaient associés à cette pathologie : la survenue de difficultés de mobilité et un score élevé de plaque dentaire. Les auteurs ont calculé que dans cette population, 11% des hospitalisations pour pneumonie étaient attribuées à des problèmes de mobilité et 10% à la plaque dentaire. Les résultats de cette étude vont dans le sens des observations effectuées chez les personnes qui vivent en institution et confirment en particulier l’importance de l’hygiène bucco-dentaire dans la prévention de la pneumonie. La plaque dentaire est en effet considérée comme un réservoir de pathogènes des voies respiratoires.

Publié en Octobre 2013
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Juthani-Mehta M et al. J Am Geriatr Soc. 2013;61:1111-1118.