Curieusement, les petits-enfants des personnes qui ont eu une fracture de hanche ont aussi des os plus fragiles.

La densité minérale osseuse (DMO) est déterminée à la fois par des paramètres environnementaux et par des facteurs héréditaires à hauteur de 60 à 80%. Chez les personnes âgées, cette DMO à un âge donné dépend de 2 facteurs principaux : la masse osseuse maximale atteinte au cours de l’adolescence d’une part, et la perte osseuse en seconde partie de vie d’autre part. Un autre paramètre important à prendre en considération est l’histoire familiale de fractures non traumatiques, y compris chez les grands-parents, comme viennent de le montrer des chercheurs suédois. Ils ont étudié divers paramètres physiques dont la DMO et le volume d’os cortical du squelette de plus de 1 000 garçons âgés en moyenne de 19 ans et tenté d’établir une relation avec les antécédents de fractures de leurs 3 688 grands-parents (1 823 hommes et 1865 femmes). Parmi ces derniers, 5,7% des hommes et 10,8% des femmes avaient été victimes d’une fracture de hanche, autour de 78 ans pour les hommes et vers 77 ans pour les femmes. Les 99 petits-fils dont les grands-pères avaient eu une fracture de hanche avaient une DMO significativement plus faible au niveau des vertèbres lombaires (-4,9%) et du fémur (-4,1%), ainsi qu’un volume osseux cortical diminué de 4,1% au niveau du radius et de 3,3% au niveau du tibia. La prise en compte de la taille, du poids, du tabagisme, de l’activité physique ou des apports en calcium ne modifiait pas de manière notable ces relations. Selon les auteurs, ces observations pourraient avoir une certaine importance clinique dans la mesure où un plus faible capital osseux chez les petits-enfants des personnes ayant subi une fracture pourrait également favoriser plus tard la survenue d’une fracture.

Publié en Juin 2010
Références : Rudäng R et al. J Clin Endocrinol Metabol. 2010;95:1105-1114