De plus en plus de seniors souffrent des genoux.

L’âge et l’excès de poids sont des facteurs de risque bien connus des douleurs au niveau des articulations des membres inférieurs. L’arthrose du genou affecte un pourcentage de plus en plus important de seniors avec des conséquences majeures sur leur mobilité et leur qualité de vie. Cette situation, associée aux progrès de la chirurgie et aux avancées techniques dans le domaine des prothèses, a contribué à l’explosion du nombre de remplacements de l’articulation du genou. Ainsi, aux Etats-Unis, le nombre d’interventions a été multiplié par près de 9 entre 1979 et 2006. Pour mieux comprendre les raisons de cette forte augmentation de la pathologie articulaire, les données collectées au cours de 9 enquêtes de santé réalisées de manière transversale à partir de 2 cohortes différentes entre 1971 et 2005 aux Etats-Unis ont été analysées. Les participants avaient entre 60 et 74 ans dans l’une des cohortes et 70 ans ou plus dans l’autre. Le nombre de personnes examinées lors de chaque enquête était de 1 382, 4 342, 3 682, 1 066, 1 011 et 1 054 pour la première cohorte et de 902, 1 132 et 671 pour la seconde. Globalement, la prévalence des genoux douloureux augmentait en fonction du temps, mais indépendamment de l’âge. De même, la prévalence de la gonarthrose symptomatique augmentait dans la cohorte des plus de 70 ans. Entre 1974 et 1994, la prévalence des douleurs des genoux dans la première cohorte avait augmenté de 65%, indépendamment de l’âge ou de l’indice de masse corporelle. Dans la cohorte des plus de 70 ans, cette prévalence, tout comme celle de l’arthrose symptomatique du genou, avait été multipliée par 2 chez les femmes et par 3 chez les hommes en 20 ans. Toutefois, les signes radiologiques d’arthrose ne suivaient pas cette courbe ascendante. Une analyse complémentaire a montré que l’obésité ne permettait d’expliquer que 10 à 25% de l’augmentation des cas de genoux douloureux. Bien que ces données permettent de mieux comprendre la forte augmentation des arthroplasties, la discordance entre les douleurs rapportées et les examens radiographiques reste difficile à expliquer. Les progrès techniques chirurgicaux réalisés au cours des 20 dernières années concernant la prise en charge de la gonarthrose sont certainement à prendre également en considération.

Publié en Janvier 2012
Auteur : T. Cudennec - Hôpital Ambroise Paré,  Boulogne-Billancourt
Références : Nguyen USDT et al. Ann Intern Med. 2011;155:725-732.