Des doses faibles d’oestradiol permettraient-elles de conserver un bénéfice sur la densité osseuse sans effets secondaires ?
Le bien-fondé de l’hormonothérapie substitutive de la ménopause a été fortement remis en question après la publication récente des résultats de l’étude WHI (Women’s Health Initiative). Si un effet protecteur vis-à-vis des fractures de hanche a bien été observé chez les femmes qui avaient reçu le traitement hormonal, une augmentation en particulier du risque de complications cardiovasculaires et de cancer du sein a également été observée avec les composés utilisés (oestrogène équin conjugué et medroxyprogestérone). Une étude randomisée contre placebo qui vient d’être publiée dans la revue JAMA montre qu’il est possible d’améliorer la densité osseuse sans qu’apparaisse d’effets indésirables, avec une dose environ 4 fois plus faible que les doses habituelles. L’étude, réalisée sur des femmes de 74 ans en moyenne, ne comportait cependant que 83 sujets traités par du 17 béta-estradiol micronisé (dose administrée : 0,25 mg/j) et 84 sujets recevant le placebo. Toutes les femmes qui avaient un utérus intact recevaient par ailleurs 100mg/j de progestérone pendant 2 semaines tous les 6 mois. Les résultats intéressants de ce travail effectué sur un petit groupe de sujets et qui n’a duré que 3 ans, mériteraient d’être confirmés par une étude de plus grande envergure afin de vérifier que les effets observés se traduisent bien par un bénéfice sur l’incidence des fractures sans qu’apparaisse d’effets indésirables du type de ceux observés lors de l’étude WHI.
Publié en Septembre 2003
Références : Prestwood KM et al; JAMA: 2003; 290, 1042-1048