Des fibres alimentaires contre le cancer du sein
Les fibres alimentaires correspondent essentiellement à la partie non digestible des cellules végétales. Elles pourraient protéger du cancer du sein grâce à l’augmentation de l'excrétion biliaire et fécale de ces composés. Ces deux mécanismes abaissant les concentrations circulantes d'œstrogènes susceptibles d’accroître le risque de cancer du sein. L’objectif de ce travail américain était d’étudier les relations entre l’apport alimentaire en fibres et le cancer du sein, en s’intéressant à son type histologique et à la présence de récepteurs pour les œstrogènes et la progestérone sur les cellules tumorales. Dans ce protocole, 185 598 femmes de 62 ans en moyenne, ménopausées et participant à la National Institutes of Health-AARP Diet and Health Study ont été suivies pendant 7ans. Les apports en fibres ont été évalués par un questionnaire de fréquence alimentaire. Au cours de l’étude, 5461 cas de cancer du sein ont été recensés, parmi lesquels 3341 possédaient des récepteurs pour les œstrogènes et la progestérone. Les femmes dont la consommation de fibres était la plus élevée (quintile le plus haut) avaient un risque de développer un cancer du sein qui était significativement diminué de 13% par rapport à celles qui en consommaient le moins (quintile le plus bas). Cette relation était surtout marquée chez les femmes dont les tumeurs étaient dépourvues de récepteurs hormonaux. Cet effet protecteur global n’était pas retrouvé lorsque les apports en fibres issues des céréales complètes, des fruits, des légumes ou des haricots étaient considérés séparément. Ces résultats montrent que chez les femmes ménopausées les fibres alimentaires peuvent jouer un rôle dans la prévention du cancer du sein par des voies indépendantes des œstrogènes.
Publié en Novembre 2009
Références : Park Y and al. Am J Clin Nutr. 2009;90:664-671