Diane de Poitiers aurait-elle succombé à l’élixir de jouvence ?
La quête de l’éternelle jeunesse n’est pas une préoccupation spécifique des temps modernes. Dans l’Antiquité déjà, certains n’hésitaient pas à recourir à des breuvages divers et variés aux vertus supposées miraculeuses. L’or a toujours fasciné les peuples, sans doute en raison de sa couleur et de son inaltérabilité. Dans la mythologie grecque, le Jardin des Hespérides et surtout ses pommes d’or n’étaient-elles pas convoitées pour leur faculté à procurer l’immortalité ? Les alchimistes de la Renaissance excellaient dans la préparation d’élixirs dont certains contenaient justement des solutions riches en sels d’or. Si les sels d’or sont aujourd’hui prescrits dans le traitement de la maladie rhumatismale, leurs effets secondaires, qui résultent en particulier de l’accumulation lente de l’or dans de nombreux tissus, sont également bien documentés. Des chercheurs français, passionnés par les énigmes entourant le décès de certains personnages de l’histoire de France, se sont intéressés au cas de Diane de Poitiers, favorite du roi Henri II. Sa mort assez subite à l’âge de 66 ans en 1566 avait pu laisser penser à un empoisonnement, hypothèse plausible en raison des rivalités qui l’opposaient à Catherine de Médicis. Selon les travaux récents de ces chercheurs, il semblerait plutôt que cette femme cultivée et à l’éternelle beauté se soit elle-même intoxiquée avec un breuvage contenant des sels d’or qu’elle absorbait chaque jour. En effet, après une enquête fort bien menée et documentée, son squelette a pu être formellement identifié. Des mesures effectuées sur ses cheveux et des fragments d’os ont montré une teneur extrêmement élevée en or, soit environ 500 fois les valeurs de référence, pouvant résulter d’une lente accumulation associée à une consommation régulière de solutions de sels d’or. Son teint très pâle, comparable à celui d’une jeune fille selon les auteurs de l’époque, ses cheveux très fins et son état de fatigue avant son décès viennent à l’appui de cette hypothèse. Diane de Poitiers serait-elle décédée pour avoir refusé de vieillir ?
Publié en Décembre 2009
Références : Charlier P et al. Brit Med J. 2009; 339:1402-1403