En institution, les souches résistantes passent aussi par le personnel soignant.
L’émergence de souches bactériennes résistantes aux antibiotiques classiques dans les établissements de soin et les résidences pour personnes âgées, et tout particulièrement les souches de staphylocoque doré, constitue un sérieux problème de santé publique. Une équipe britannique s’est penchée sur la question dans le but de préciser la prévalence de ces souches chez les personnes âgées en institution ainsi que sur les facteurs favorisants la contamination. L’enquête a porté sur 1 111 résidents (moyenne d’âge 81 ans) et 553 soignants, répartis dans 45 établissements. La recherche des souches a été effectuée sur des prélèvements nasaux et, occasionnellement, sur les urines, les plaies ou éventuellement les sondes. Des souches de staphylocoques résistantes à la méthicilline ont été retrouvées chez 23% des résidents. Seules 3 institutions étaient exemptes de germes résistants alors que dans plus de la moitié des établissements la prévalence de contamination des résidents dépassait les 20%, voire plus de 40% dans 6 maisons de retraite. La prévalence des souches résistantes était de 7,5% chez le personnel soignant et 62% des établissements étaient concernés. Le personnel de trois établissements avait même une prévalence de contamination plus élevée que celle des résidents. La colonisation par ces souches était particulièrement élevée chez les pensionnaires les plus âgés. Le risque de contamination était également multiplié par 2 lorsque les résidents étaient hébergés dans un établissement faisant partie d’une chaîne. Cette étude montre que le contrôle des infections nosocomiales dans les institutions britanniques semble encore loin d’être optimal.
Publié en Juin 2009
Références : Baldwin NS et al. J Am Geriatr Soc. 2009;57:620-626