Et si l’activité sexuelle permettait de prédire le risque de maladies cardiovasculaires !
Les troubles de l’érection annonciateurs de maladies cardiovasculaires : c’est la conclusion de plusieurs études récentes d’envergure. Voulant aller plus loin, des cliniciens se sont demandé si d’autres aspects de la vie sexuelle pouvaient également avoir un impact sur la santé cardiovasculaire. Ce travail a été réalisé dans le cadre de la Massachusetts Male Aging Study consacrée à l’évolution de la santé en général, aux problèmes endocriniens et à la sexualité chez des hommes suivis depuis 1987. Les 1709 participants inclus avaient au départ entre 40 et 70 ans, et 75% d’entre eux étaient mariés. Ils ont été interrogés à 3 reprises : lors de l’inclusion, puis entre 1995 et 1997 et enfin entre 2002 et 2004. Lors de cette dernière visite il ne restait que 853 sujets. Un questionnaire ainsi que le dossier médical des participants a permis d’identifier la survenue de maladies cardiovasculaires au cours de ce laps de temps. Après élimination des sujets qui, dès le départ, souffraient d’une maladie cardiovasculaire ainsi que de ceux pour lesquels certaines données étaient manquantes, 1 165 participants ont pu être inclus dans l’analyse. Les hommes qui avaient des troubles de l’érection étaient globalement plus âgés, plus souvent hypertendus, diabétiques ou fumeurs et étaient plus sujets aux problèmes cardiovasculaires. Par ailleurs, l’incidence des maladies cardiovasculaires augmentait proportionnellement à la diminution de la fréquence des rapports sexuels. Après avoir pris en compte l’âge, les troubles de l’érection et les facteurs de risque classiques tels que l’hypertension, le diabète et le tabagisme, des rapports sexuels une fois par mois ou moins étaient associés à une augmentation de 45% du risque de maladie cardiovasculaire, comparés à ceux qui avaient des rapports au moins 2 fois par semaine. Plusieurs hypothèses sont avancées par les auteurs pour expliquer cette relation, mais il semble bien que notre activité sexuelle soit un bon reflet de notre santé physique et mentale ainsi que de notre qualité de vie.
Publié en Février 2010
Références : Hall SA et al. Am J Cardiol. 2010;105:192-197