Et si le tour de cuisse était un indicateur du risque de maladies cardiovasculaires.
Une relation en U entre l’indice de masse corporelle et le risque de mortalité a été mise en évidence au cours de diverses études. L’augmentation de ce risque associé à un poids trop bas serait liée à une faible masse musculaire. Par ailleurs, une musculature peu développée au niveau des jambes favoriserait la survenue d’un diabète de type II. En revanche l’adiposité située en dessous des hanches aurait un effet protecteur cardiovasculaire. Compte tenu de ces observations, des investigateurs danois se sont demandés si la simple mesure du tour de cuisse pouvait permettre de prédire le risque de maladies cardiovasculaires et de mortalité. Ce travail a été réalisé dans le cadre de l’étude internationale MONICA conduite sous l’égide de l’OMS. Au total, 1 436 hommes et 1 380 femmes, âgés de 35 à 65 ans en 1987-1988 lors du début de l’étude et tous indemnes de maladie cardiovasculaire ou de cancer ont été recrutés. Au cours des 12,5 années de suivi, 412 personnes sont décédées. Pour un indice de masse corporelle et un tour de taille donnés, le risque de décès prématuré était plus élevé chez ceux qui avaient un tour de cuisse < 62 cm. Pour ce qui est des maladies cardiovasculaires, cette valeur seuil était de 56 cm pour les hommes et 68 cm pour les femmes. Avoir un tour de cuisse plus conséquent n’apportait pas de bénéfice supplémentaire. L’impact de ce paramètre était indépendant des autres facteurs de risque bien connus tels que l’hypertension artérielle, les troubles lipidiques, l’obésité abdominale ou encore le tabagisme.
Publié en Octobre 2009
Références : Heitmann BL et al. Brit Med J. 2009;339:b3292