Les patients âgés sont à haut risque de ré-hospitalisation pour de multiples raisons. Parmi les facteurs de risque pouvant être évités figurent en particulier la iatrogénie, les syndromes dépressifs insuffisamment pris en charge, les dénutritions protéino-énergétiques, mais également le manque d’éducation du patient à la santé et le défaut de coordination entre l’hôpital et les professionnels de santé de ville. Cette étude randomisée, réalisée en région parisienne, a analysé l’impact d’une intervention globale menée par des gériatres indépendants associant une évaluation multidimensionnelle des besoins du patient et l’adaptation des thérapeutiques, l’éducation du malade et de l’entourage sur la gestion de la maladie chronique et le renforcement des liens avec les professionnels de santé intervenant à domicile au moment de la sortie. Cette intervention appelée OMAGE (Optimization of Medication in AGEd) a mis l’accent sur la pertinence des thérapeutiques et l’éducation à la santé, la dépression et la malnutrition. Au total, 665 patients hospitalisés en unités de gériatrie et âgés de plus de 70 ans (moyenne 86 ans) ont été randomisés en 2 groupes : un groupe intervention (n = 317) et un groupe témoin (n = 348). Les 2 groupes ont été suivis pendant 6 mois après la sortie d’une unité gériatrique. Le groupe témoin recevait les soins usuels de sortie d’hospitalisation. Les résultats montrent une diminution significative à 3 mois des réadmissions et des passages aux urgences dans le groupe intervention (23% versus 30,5%) comparé au groupe témoin. La probabilité d’une absence d’événement majeur nécessitant une hospitalisation dans les 3 mois était ainsi réduite de 28% dans le groupe intervention. Toutefois, ce résultat n’était pas confirmé à 6 mois, même si la tendance persistait (35,3% versus 40,8%). Ce type d’intervention multidimensionnelle se montre donc efficace pour réduire le nombre de ré-hospitalisations chez les patients très âgés dans les mois qui suivent un séjour en unité gériatrique.