Il ne faut pas minimiser une fracture du poignet.

 La fracture du poignet est fréquente chez les seniors. Cette fracture est davantage retrouvée chez la femme de moins de 75 ans, au-delà de cet âge ce sont plutôt des fractures de hanche qui sont observées. Les facteurs de risque habituels sont : une faible densité minérale osseuse, une absence de traitement substitutif de la ménopause, des antécédents de chute ou de fracture. Des investigateurs américains ont voulu connaître les conséquences d’une fracture du poignet sur l’autonomie qui, contrairement aux fractures vertébrales ou de hanche n’avaient, semble-t-il, encore jamais été évaluées. Ils ont travaillé sur la cohorte de femmes de la Study of Osteoporotic Fractures en excluant celles ayant des antécédents de fracture du poignet ou du col du fémur et celles présentant un handicap. Un suivi pendant 8 ans a permis d’évaluer de façon régulière les capacités fonctionnelles de 6 107 femmes âgées de 65 ans. Au cours du suivi, des fractures au niveau du poignet ont été recensées chez 4,4% des femmes. Ces dernières présentaient les facteurs de risque classiques : densité osseuse faible, antécédent de chute, moins de traitement par estrogènes, de plus, elles avaient un statut fonctionnel meilleur que les autres femmes en début d’étude (vitesse de marche, force musculaire). La fracture du poignet, a entraîné, dans l’année qui a suivi, une altération des capacités fonctionnelles chez 15% des femmes fracturées, significativement plus que chez les femmes n’ayant pas eu de fracture du poignet. Ainsi, une fracture du poignet, qui survient bien souvent chez des personnes actives, augmente d’environ 50% le risque de déclin fonctionnel (difficulté pour préparer ses repas, conduire, faire ses courses, s’occuper de son ménage…). Cet impact est comparable à celui des chutes, du diabète ou de l’arthrite.

Publié en Octobre 2010
Références : Edwards BJ et al. Brit Med J. 2010;341:c3324.