La carence en vitamine B12 est très fréquente chez les centenaires.
Les données concernant les valeurs biologiques observées habituellement au grand âge sont rares. C’est notamment le cas pour les carences vitaminiques. Bien que l’on se doute que les déficits soient plus fréquents au-delà de 80 ans, de nombreux facteurs peuvent en moduler les niveaux circulants, dont en particulier les apports alimentaires, le sexe, l’âge et les problèmes d’absorption éventuels. Des investigateurs ont tenté d’établir un lien entre ces divers facteurs et la présence d’une carence en vitamine B12 chez 80 personnes âgées de 80 à 89 ans et chez 231 personnes de plus de 97 ans, aucune ne recevant d’injection de vitamine B12. Un déficit en vitamine B12 était défini par un niveau plasmatique < 258 pmol/L. Sa prévalence était de 35% chez les centenaires et de 23% chez les octogénaires. Ce déficit était corrélé à des concentrations plasmatiques plus élevées en homocystéine et plus faibles en folates. En revanche, il n’y avait pas de lien avec la présence d’une anémie, le volume cellulaire ou la présence d’une macrocytose. Les carences en vitamine B12 étaient plus fréquentes chez les personnes de race blanche, chez celles qui avaient une gastrite atrophique sévère ou qui ne prenaient pas de suppléments vitaminés. Il n’y avait pas de différence entre les hommes et les femmes, pas de lien avec le lieu de vie (à domicile ou en institution), ni avec la consommation de viande. Ces données confirment la prévalence très élevée des déficits en vitamine B12 après 80 ans, en l’absence d’altération hématologique ou de signes cliniques évidents.
Publié en Juillet 2010
Références : Johnson MA et al. J Nut Health Aging. 2010; 14:339-345