La densité minérale osseuse n’est pas le seul facteur de risque de fracture à prendre en compte.
Evaluer le risque fracturaire en se limitant à la seule mesure de la densité minérale osseuse ne semble pas suffisant pour identifier tous les patients nécessitant des mesures de prévention. D’autres facteurs, tels qu’un antécédent de fracture de fragilité, doivent être également pris en compte. Des auteurs canadiens ont montré l’importance d’une première fracture et des fractures répétées chez 2 179 hommes et 5 269 femmes, âgés de 50 à 90 ans qui participaient à la Canadian Multicenter Osteoporosis Study. Toutes les fractures survenues en l’absence de choc traumatique au cours des 8 ans de suivi ont été colligées et classées soit comme première fracture soit comme récidive de fracture. Pendant cette période, 128 fractures chez les hommes et 577 chez les femmes ont été recensées. Environ 25% des fractures chez les hommes et 40% chez les femmes étaient des récidives. Un peu plus de la moitié des premières fractures survenaient chez des sujets non ostéoporotiques mais ayant une densité minérale osseuse diminuée (58% chez les hommes, 54% chez les femmes). Un peu moins de la moitié des récidives de fracture survenaient également chez les sujets simplement ostéopéniques (42% chez les hommes, 47% chez les femmes). L’incidence des fractures répétées était deux à quatre fois plus élevée que les premières fractures, quelle que soit la densité osseuse, chez les hommes comme chez les femmes. Les fractures à répétition constituent une part importante des fractures des personnes âgées, indépendamment de la densité minérale osseuse. Les personnes qui cumulent un antécédent fracturaire non traumatique et un autre facteur de risque ont un risque particulièrement élevé de faire une nouvelle fracture.

Publié en Décembre 2009
Références : Langsetmo Let al. J Bone Miner Res. 2009;24:1515-1522