La fertilité masculine : un nouveau marqueur de longévité ?
Plusieurs études épidémiologiques ont mis en évidence une altération de la qualité des spermatozoïdes au cours de la seconde moitié du 20ème siècle. Il a aussi été observé que les couples qui ont des enfants ont une longévité plus grande que ceux qui n’en ont pas, sans que l’on sache si ce sont plutôt des facteurs biologiques ou des facteurs sociaux qui sont en cause. Une équipe danoise a effectué un travail tout à fait original sur la relation entre la fertilité masculine et le risque de mortalité. Tous les hommes ayant été adressés par leur médecin au laboratoire d’Analyse du Sperme à Copenhague entre 1963 et 2001 ont été inclus dans cette analyse. Au total, plus de 51 000 échantillons de sperme ont été examinés, essentiellement pour des problèmes de fertilité. L’analyse finale a porté sur 43 277 sujets qui ne présentaient pas d’azoospermie. Au cours des 40 années d’observation, 1 475 décès ont été recensés. Chez les hommes avec ou sans enfant, la mortalité globale était inversement corrélée aux nombre de spermatozoïdes jusqu’à une valeur seuil de 40 millions/ml au-delà de laquelle la mortalité ne diminuait plus. La motilité des spermatozoïdes était également directement reliée à la diminution de mortalité. La qualité du sperme semble donc être liée de façon proportionnelle à la longévité, indépendamment des facteurs sociaux. Les auteurs considèrent qu’il pourrait s’agir d’un marqueur global de santé chez les hommes.
Publié en Octobre 2009
Références : Jensen TK et al. Am J Epidemiol. 2009;170:559-565