La fragilité est associée au déficit cognitif léger.
Le déficit cognitif léger (MCI) est considéré comme un signe précurseur de démence, notamment de maladie d'Alzheimer. Il doit être reconnu précocement pour prévenir, dans la mesure du possible, le déclin cognitif lié à l’âge. Des travaux récents ont suggéré que la fragilité, fréquente chez les personnes âgées, pouvait être un facteur de risque de MCI. Des chercheurs américains de l’Illinois ont utilisé les données recueillies chez 761 personnes âgées, indemnes de troubles cognitifs à l’inclusion, qui participaient au Rush Memory and Aging Project. Ils ont testé l’hypothèse selon laquelle une plus grande fragilité serait associée à un risque plus élevé de développer un MCI. La fragilité a été évaluée à l’inclusion par la mesure de la force musculaire, de la vitesse de marche, de la composition corporelle et de la fatigue. Les fonctions cognitives ont été surveillées annuellement. Les relations entre la fragilité, le risque de MCI et l’évolution des fonctions cognitives au cours des 12 ans de suivi ont été étudiées. Trois cent sept sujets, soit 40% des participants, ont développé un MCI au cours du suivi. Après ajustement sur l’âge, le sexe et le niveau d’éducation, les résultats ont montré que la fragilité était associée à un risque élevé de MCI. Ainsi, chaque augmentation d’un degré sur l’échelle de fragilité augmentait le risque de MCI de 63%. Cette relation persistait chez les patients dont le MCI durait depuis plus d’un an et après ajustement sur les symptômes dépressifs, le handicap, les facteurs de risque et les maladies vasculaires. Cette étude a également montré que le déclin cognitif était d’autant plus rapide que la fragilité était importante. La fragilité est donc bien associée à un risque élevé de MCI et de déclin cognitif accéléré.
Publié en Avril 2010
Références : Boyle A et al. J Am Geriatr Soc.2010;58:248-255