La maltraitance se dépiste aussi bien à domicile qu’à l’hôpital.

Si la maltraitance des personnes âgées est bien une réalité, il s’agit d’un sujet très sensible dont l’ampleur reste difficile à évaluer. Sa définition peut être différente selon le contexte et la culture, et son évaluation influencée par les outils utilisés, le type de population interrogée, les façons de conduire l’enquête et par l’investigateur lui-même. Il est habituel de penser qu’un entretien au domicile de la personne devrait donner des résultats plus fiables. Toutefois, l’influence de l’environnement familial n’est pas nécessairement neutre. C’est dans le cadre d’un projet européen, n’incluant pas la France, d’une évaluation de la violence faite aux personnes âgées qu’une équipe portugaise s’est intéressée à l’importance du lieu de l’entretien avec les personnes concernées. Sur un total de 450 citadins âgés de 60 à 85 ans, choisis au hasard par téléphone, 307 ont accepté de participer à l’enquête : 201 ont eu un entretien à domicile et 106 lors d’une consultation hospitalière. L’enquête était réalisée sur la base d’un questionnaire structuré avec une entrevue d’environ 1h30 conduite par des intervenants tous formés de la même manière. Les sujets qui avaient un déficit cognitif (score au MMSE inférieur à 24/30) ont été exclus de l’analyse. Tous les aspects de la maltraitance étaient pris en compte. La prévalence au cours de l’année écoulée était de 29% pour ceux qui avaient répondu à leur domicile et de 31% pour ceux qui étaient venus en consultation. La prévalence globale au cours des années passées atteignait 71% chez les personnes interrogées chez elles et 76% chez celles qui étaient venues à l’hôpital. Quel que soit le type de violence, les pourcentages étaient les mêmes, que l’enquête soit faite au domicile ou en consultation, soit 45,5 versus 47,6% pour les violences psychologiques, 25,3 versus 30,5% pour les aspects physiques, 11,1 versus 9,5% pour les violences sexuelles et 47 versus 49,5% pour la maltraitance financière. Le lieu de l’entretien ne semble donc pas avoir d’influence sur le dépistage des divers types de violences faites aux personnes âgées, tout au moins dans les pays ayant une culture proche de celle des pays méditerranéens.

Publié en Février 2012
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Fraga S et al. Age Ageing. 2012;41:70-75.