La motricité est affectée plus de 12 ans avant le diagnostic d’un déficit cognitif léger.
L’évolution de la vitesse de marche pourrait servir d’indicateur de risque de survenue d’un déclin cognitif plus d’une décennie avant son diagnostic. Ce sont les conclusions d’un suivi sur 20 années de plus de 200 seniors de plus de 65 ans, en bonne santé lorsqu’ils avaient été recrutés pour participer à une étude sur le vieillissement cérébral. Au cours de cette étude, ils avaient bénéficié chaque année d’examens neurologiques et neuropsychologiques ainsi que de leur motricité. L’analyse des résultats a révélé que l’évolution avec l’âge des performances physiques, et plus précisément de leur vitesse de marche et de leur agilité à tapoter du doigt sur la table (finger-taping), n’était pas la même chez les personnes qui allaient développer un déficit cognitif léger (mild cognitive impairment ou MCI) et chez celles non affectées par ce type de trouble. Le ralentissement de la vitesse de marche s’accélérait en moyenne 12 ans avant que l’atteinte cognitive ne se manifeste. Ce phénomène semblait même plus précoce chez les hommes que chez les femmes. En revanche, pour ce qui est de la vitesse de tapotement avec les doigts, le ralentissement n’apparaissait qu’après le diagnostic de MCI. La mesure de l’évolution de la vitesse de marche sur le long terme pourrait-elle constituer un outil de dépistage précoce du risque de démence ? C’est ce que proposent les auteurs de ce travail.
Publié en Septembre 2010
Références : Buracchio T et al. Arch Neurol. 2010;67:980-986