La perte d’aptitude à gérer ses finances est un signe précurseur de maladie d’Alzheimer.
Gérer son argent fait partie de notre quotidien. Cette activité demande des compétences diverses telles que payer, compter la monnaie, régler ses factures, remplir un chèque ou lire ses relevés de compte. La gestion des finances est essentielle à notre autonomie. Sa déficience est une des premières altérations fonctionnelles des patients atteints de démence comme le montre un suivi pendant un an de 76 personnes de plus de 65 ans dont les fonctions cognitives étaient normales et 87 qui présentaient un déclin cognitif léger de type amnésique. Au cours de cette période, 25 personnes atteintes d’un déclin cognitif léger ont développé une maladie d’Alzheimer, alors que les autres sont restées stables. Pour mesurer les capacités cognitives liées à la gestion des finances, le questionnaire FCI ou Financial Capacity Instrument a été soumis à tous les sujets en début et en fin d’étude. L’analyse a porté sur l’aptitude à effectuer des transactions en espèces ou par chèque ainsi que sur la faculté à traiter des documents tels que relevés bancaires ou factures. Elle a également porté sur la possibilité des sujets à comprendre les concepts financiers globaux. A l’inclusion, les sujets cognitivement intacts ont mieux réussi le FCI que les sujets qui présentaient un déclin cognitif léger et ont eu des résultats stables d’une année sur l’autre. En revanche, ce score a considérablement diminué chez les personnes qui ont évolué vers une maladie d’Alzheimer, en particulier en ce qui concerne le calcul du bilan entre crédits et débits sur leurs relevés de compte. Le déclin de l’aptitude à s’occuper de ses propres finances serait bien un signe précurseur de cette démence. Les auteurs insistent sur l’intérêt de rechercher périodiquement ce type de difficulté chez les personnes à risque et conseillent d’informer les familles sur les mesures à prendre. Ces dernières pourront ainsi aider le patient en demandant à leur banquier d’être cosignataire pour certaines transactions. Les banques en ligne peuvent aussi être très utiles aux aidants pour vérifier les comptes du patient.


Publié en Novembre 2009
Références : Triebel KL et al. Neurology. 2009 ;73:928-934