La peur de sortir participe à la perte de mobilité.
Ne plus avoir envie de quitter son domicile pour aller faire ses courses ou simplement une promenade est fréquent chez les seniors les plus âgés. Un cercle vicieux risque alors de s’installer : moins ces personnes sortent, plus les difficultés à parcourir une grande distance s’accroissent, et vice et versa. Pour le démontrer, des gérontologues finlandais ont examiné les divers facteurs pouvant être impliqués dans la peur de sortir chez les personnes de plus de 75 ans, ainsi que les conséquences de cette sédentarité sur leur mobilité. Dans cette étude d’observation, 777 sujets de 75 à 81 ans qui vivaient à leur domicile ont été interrogés quant à leur appréhension à sortir de chez eux. Leur aptitude à marcher 500 m et 2 km a été évaluée 2 fois par an pendant 3 ans et demi en moyenne chez 314 d’entre eux. La peur de sortir était rapportée par 65% des femmes et 29% des hommes. Les facteurs les plus souvent associés étaient : un faible niveau socio-économique, des troubles musculo-squelettiques et une marche lente. Un environnement peu favorable tel que des rues en mauvais état ou pentues, ou encore une circulation dense faisaient aussi partie des raisons données. Lorsque les participants ont été examinés 6 mois plus tard, ceux qui avaient peur de sortir de chez eux avaient environ 5 fois plus de risques de présenter des difficultés à parcourir 500 m que ceux qui n’avaient pas d’appréhension. La peur de sortir de chez soi semble bien participer à la perte de mobilité. Trouver les moyens de lever ces inhibitions pourrait permettre de ralentir la survenue de la dépendance.
Publié en Mai 2009
Références : Rantakokko M et al. J Am Geriatr Soc. 2009;57:634-640