La prise en charge des insuffisants cardiaques de plus de 85 ans semble encore loin d’être optimale.
L’incidence de l’insuffisance cardiaque augmente avec l’âge, alors que, chez les patients les plus âgés, la fonction systolique est bien souvent conservée. L’insuffisance cardiaque du grand âge s’accompagne de multiples comorbidités ce qui contribue à la difficulté de sa prise en charge. Afin de mieux comprendre l’histoire naturelle de la maladie, son mode de prise en charge en milieu hospitalier ainsi que le devenir des patients en fonction de leur âge, une étude a été réalisée sur une population de plus de 4 500 malades hospitalisés pour une insuffisance cardiaque décompensée. Dans cette cohorte, 24% avaient plus de 84 ans et la proportion de femmes passait de 48% chez les moins de 65 ans à 70% chez les 85 ans et plus. Pour 25% des malades, il s’agissait d’un premier épisode d’insuffisance cardiaque. Les patients qui ont bénéficié d’une mesure de leur fonction systolique (40% du groupe) étaient plus jeunes et souffraient de moins de comorbidités. Au delà de 84 ans, plus de la moitié avaient une fraction d’éjection > 50%. Les patients les plus âgés souffraient plus fréquemment de comorbidités multiples que les plus jeunes. Les signes cliniques typiques de l’insuffisance cardiaque étaient moins souvent retrouvés au grand âge à l’exception de la faiblesse générale. Les plus âgés bénéficiaient moins souvent des traitements préconisés pour leur efficacité sur la maladie tels que les inhibiteurs du système rénine-angiotensine ou les bêta-bloquants. En revanche, comparés aux sujets plus jeunes, ils recevaient plus volontiers des diurétiques ou des digitaliques. La mortalité hospitalière augmentait fortement avec l’âge, puisqu’elle était 3,4 fois plus élevée chez les patients de plus de 84 ans que chez les moins de 65 ans. Trois mois après l’hospitalisation, elle était encore multipliée par 3,6 et par 2,8 fois à 1 an. Ceci se traduisait par un taux de survie à 5 ans de 27% chez les 65 à 74 ans, de 21% chez les 75 à 84 ans et de 12% chez les 85 ans et plus. Les auteurs considèrent que la prise en charge des insuffisants cardiaques âgés est loin d’être optimale et que des études spécifiques chez ces patients à risque s’avèrent nécessaires afin d’améliorer cette situation.
Publié en Novembre 2009
Références : Saczynski JS et al. J Am Geriatr Soc. 2009;57:1587-1594