La somnolence excessive en journée : un marqueur précoce de déclin cognitif ?

De plus en plus de personnes sont confrontées à des problèmes de sommeil et la fréquence de ces troubles augmente avec l’âge. Il n’est pas rare que les seniors se plaignent d’une baisse de qualité et/ou de quantité de leur sommeil, d’une insomnie qui peut devenir chronique ou d’une somnolence excessive en journée. Ce mauvais sommeil a des répercussions importantes sur la santé qui sont désormais mieux connues, notamment sur le plan cognitif. L’étude prospective française des « 3 Cités » a permis de suivre pendant 8 années une large cohorte de 4 894 sujets, âgés de 65 ans et plus, et de préciser ces associations. Les plaintes d’insomnie ont été évaluées en début d’étude par questionnaires : mauvaise qualité de sommeil, difficultés à initier ou maintenir le sommeil, réveil matinal précoce, somnolence diurne excessive ou prise de médicaments. A l’inclusion, tous les participants avaient un score au MMSE ≥ 24. Le déclin cognitif a été défini comme une diminution de 4 points de ce score lors des visites de contrôle à 2, 4 et 8 ans. Au cours du suivi, 697 cas (14,2%) de déclin cognitif avéré ont été dénombrés. Après ajustement, cette somnolence était associée, de façon indépendante, à une augmentation de 26% du risque de déclin cognitif, tout particulièrement chez les patients qui avaient développé une démence au cours de ces années, avec un risque augmenté de 39%. De façon assez surprenante, le nombre de plaintes d’insomnie et de difficultés à maintenir le sommeil étaient associées négativement au déclin cognitif avec un risque diminué de 23% et 19% respectivement. Ainsi, il apparaît important de dépister et de traiter la somnolence diurne excessive qui pourrait être un marqueur précoce de déclin cognitif et de début de démence.

Publié en Novembre 2012
Auteur : C. Gauriau - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Jaussent I et al. Sleep. 2012;35:1201-1207.