La supplémentation en vitamine D serait particulièrement importante pour limiter la perte de mobilité lorsque le niveau de CRP est élevé.

La survenue de difficultés à la marche est bien souvent d’origine multifactorielle avec des interactions complexes entre divers facteurs. Parmi ces derniers figurent une élévation de la protéine C-réactive ou CRP, reflet d’un état inflammatoire, ainsi qu’une carence en vitamine D. Les interrelations entre ces 2 paramètres sur la vitesse de marche ont été explorées sur une cohorte de 1 826 sujets âgés de 50 à 85 ans non institutionnalisés. Tous les participants étaient capables de se déplacer sans aucune aide. Leur vitesse de marche habituelle a été mesurée sur une distance de 20 pieds, soit 6,1 m. Plus la concentration sérique en vitamine D était basse et plus le risque d’avoir une vitesse de marche ralentie était élevé. Ainsi, les sujets qui avaient une carence sévère en vitamine D, soit un taux plasmatique < 10 ng/ml, avaient une probabilité 2,8 fois plus élevée de marcher à moins de 0,8 m/s. De même lorsque leur niveau de CRP était ≥ 2 mg/l, ce risque était multiplié par 1,5. De plus, le ralentissement de la vitesse de marche était particulièrement marqué chez les personnes qui combinaient une élévation de la CRP et un déficit sévère en vitamine D. Plus précisément, une association significative entre le niveau de vitamine D et le ralentissement de la vitesse de marche n’était observée que chez les sujets qui avaient un taux de CRP élevé, avec un risque multiplié par 1,8 pour une concentration de vitamine D circulante comprise entre 10 et 19,9 ng/ml et par 3,7 pour une valeur inférieure à 10 ng/ml. Ces observations confirment l’existence d’un lien entre un syndrome inflammatoire et le ralentissement de la vitesse de marche, mais confirment également les interrelations entre les taux de vitamine D et la présence d’une inflammation. Les échecs de certains essais de supplémentation en vitamine D dans le but d’améliorer la mobilité des personnes âgées pourraient ainsi s’expliquer, au moins en partie, par la présence d’un syndrome inflammatoire qui atténuerait ses éventuels effets bénéfiques.

Publié en Novembre 2013
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Kositsawat J et al. J Am Geriatr Soc. 2013;61:1574-1579.