L’anémie est très péjorative chez les octogénaires en fibrillation auriculaire.
Une anémie, même légère, chez les patients âgés qui souffrent d’insuffisance cardiaque est un facteur aggravant. Un effet péjoratif a également été décrit vis-à-vis du déclin physique ou mental. L’impact de l’anémie sur le risque de complications associées à une fibrillation auriculaire n’avait pas encore été clairement établi. Une cohorte de 13 067 patients, âgés de 80 ans en moyenne, a été suivie sur une durée médiane de 12 mois. Tous ces malades avaient été hospitalisés en raison d’une fibrillation auriculaire et leur hématocrite mesuré à cette occasion pour déterminer leur degré d’anémie. La valeur de ce paramètre était corrélée au risque de décès et de ré-hospitalisation, même après ajustement sur l’âge, les co-morbidités ou la prise de médicaments à visée cardiovasculaire. Comparé à un hématocrite compris entre 40 et 44,9%, le risque de mortalité des malades en fibrillation auriculaire était respectivement majoré de 66%, 50%, 28%, et 7%, lorsque leur hématocrite lors de la première hospitalisation était < 25%, compris entre 25 et 29,9%, entre 30 et 34,9%, et entre 35 et 39,9%. Leur risque de décès était également augmenté de 3% et de 10% lorsque ce paramètre se situait entre 45 et 49,9%, ou était ≥ 50%. Les patients qui avaient un hématocrite entre 25 et 29,9% avaient également un risque de ré-hospitalisation augmenté de 28%. L’anémie semble donc bien majorer le risque de complications chez les patients en fibrillation auriculaire, et ce d’autant plus que l’hématocrite est bas.
Publié en Juillet 2009
Références : Sharma S et al. Am Heart J. 2009;157:1057-1063