Le bénéfice de la perte de poids est confirmé chez les patients diabétiques obèses qui souffrent d’apnées du sommeil.
La perte de poids fait partie des recommandations habituelles chez les personnes qui souffrent d’apnées obstructives du sommeil. Ces conseils reposent toutefois sur des études très limitées quant au nombre de patients, la durée du suivi, voire la faible sévérité des symptômes ou encore l’absence de groupe témoin. Les patients diabétiques obèses constituent une cible intéressante pour mener une telle investigation compte tenu de l’incidence apparemment très élevée des apnées obstructives dans cette population. Une cohorte de 264 patients, âgés de 61,5 ± 6,5 ans, pesant en moyenne 102 ± 18 kg, souffrant de diabète de type 2 ainsi que d’apnées obstructives non traitées et objectivées par polysomnographie, a été suivie pendant une année. Au sein de ce groupe, 26% souffraient d’apnées sévères, soit un index d’apnées/hypopnées ≥ 30. La moitié des participants a reçu une aide classique à la gestion de leur diabète accompagnée d’une éducation à la santé dispensée au cours de 3 sessions réparties sur l’année. L’autre moitié a été invitée à participer à une thérapie de groupe destinée à perdre du poids qui comprenait des conseils diététiques incluant une réduction substantielle de la taille des portions. Une marche rapide d’au moins 3 heures par semaine faisait également partie des recommandations au second groupe (groupe “intervention intensive”). Au bout d’une année, les participants de ce second groupe ont perdu en moyenne 10,8 kg et 9,3 cm de tour de taille alors que ceux du premier groupe n’ont perdu que 0,6 kg et 0,5 cm de tour de taille. La sévérité des apnées s’est significativement améliorée chez les patients du groupe “intervention intensive” tandis qu’elle s’aggravait dans le premier groupe, avec une différence de 10 événements (apnées-hypopnées) par heure entre les 2 groupes. Une rémission des apnées a été constatée chez 13,6% des sujets qui avaient suivi l’intervention intensive contre seulement 3,5% chez les autres participants. La perte de poids était corrélée à la réduction des apnées, une diminution de plus de 10 kg correspondant à l’amélioration la plus marquée, en particulier chez ceux qui étaient les plus sévèrement touchés au départ.
Publié en Octobre 2009
Références : Foster GD et al. Arch Intern Med. 2009;169:1619-1626