Le déclin cognitif est précédé par un ralentissement de la vitesse de marche.

Une démarche normale fait appel à un processus d’intégration très complexe nécessitant non seulement des aptitudes physiques préservées mais également des capacités cognitives parfaitement fonctionnelles. Si le lien entre la vitesse de marche et un risque de déclin cognitif a déjà fait l’objet de travaux, peu d’investigateurs se sont attachés à analyser de manière précise la relation temporelle entre ces 2 paramètres au sein d’une même population. Une analyse prospective a pu être réalisée sur 1 478 personnes qui résidaient dans le comté d’Olmsted dans le Minnesota aux Etats-Unis. Elles étaient âgées de 70 à 89 ans et indemnes de troubles cognitifs lors de leur entrée dans l’étude. Une batterie de tests neurologiques a permis d’évaluer les performances cognitives des participants tous les 15 mois. La vitesse de marche, calculée sur une distance de 25 pieds, soit 7,62 mètres, a été estimée selon la même périodicité. En début d’étude, une analyse transversale a montré que plus la vitesse de marche était rapide, meilleures étaient les performances cognitives. Après un suivi médian de 4,1 années et ajustement sur les divers facteurs de confusion dont les principales comorbidités, ceux qui, au départ, avaient une vitesse de marche élevée, conservaient de meilleures fonctions exécutives et performances visuo-spatiales. Comparés aux participants qui marchaient le plus vite, soit > 1,09 m/sec, ceux qui avaient la vitesse de marche la plus lente, soit < 0,85 m/sec, présentaient un déclin annuel significativement plus rapide de leurs fonctions exécutives, de leur mémoire, du langage, de leurs capacités visuo-spatiales ainsi que de leurs facultés intellectuelles globales. La vitesse de marche déclinait au cours de l’étude pour l’ensemble des participants, toutefois, aucune association entre les performances cognitives au départ et le ralentissement de la vitesse de marche n’a pu être mise en évidence. Pour les auteurs de ce travail, c’est bien le ralentissement de la vitesse de marche qui précède un déclin cognitif mesurable. Une démarche ralentie pourrait donc constituer un test simple et sensible permettant d’évaluer le risque d’atteinte cognitive.

Publié en Septembre 2013
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Mielke MM et al. J Gerontol Biol Sci Med Sci. 2013;68:929-937.