Le manque de sommeil limite les bienfaits d'un régime hypocalorique.

Le manque de sommeil a-t-il un impact sur l’efficacité d’un régime hypocalorique ? Pour répondre à cette question, des chercheurs de l’Illinois ont recruté 10 adultes, âgés en moyenne 41 ans, en surpoids avec un IMC compris entre 25 et 32 kg/m2, en bonne santé et non fumeurs. Ils ne présentaient pas de trouble du sommeil ni de dépression, ne consommaient ni café, ni tabac ou alcool en excès, n’avaient pas de travail de nuit ou de force et ne prenaient pas de traitement modifiant le sommeil ou le métabolisme. Ces volontaires ont suivi un régime légèrement hypocalorique et personnalisé, correspondant à 90% de leur métabolisme de base pendant deux périodes de 14 jours. Au cours de la première période, ils devaient dormir environ 8h30 par nuit, puis 5h30 au cours de la seconde. Les siestes étaient interdites. La masse maigre a été calculée en faisant la différence entre le poids corporel et la masse grasse évaluée par absorptiométrie biphotonique. Des échantillons de sang étaient prélevés régulièrement pour analyser les taux de leptine, de ghréline, de cortisol et d’hormone de croissance. Pendant la première période, les participants ont dormi en moyenne 7h 25 par nuit et perdu 1,4 kg de masse grasse et 1,5 kg de masse maigre. Au cours de la deuxième période, ils ont dormi 5h14 en moyenne et ont perdu 0,6 kg de masse grasse et 2,4 kg de masse maigre. La privation de sommeil a ainsi diminué de moitié la perte de masse grasse et augmenté de 60% la perte de masse maigre. Au cours de la deuxième période, la sensation de faim était augmentée, ainsi que le taux sanguin de ghréline, hormone qui stimule l’appétit et réduit la consommation d’énergie. Ces données montrent que la durée du sommeil doit être optimisée lorsqu’on suit un régime hypocalorique en vue de réduire les risques métaboliques de la surcharge pondérale.

Publié en Novembre 2010
Références : Nedeltcheva A et al. Ann Intern Med. 2010;153:435-441.