Le pro-BNP est un bon marqueur du risque de mortalité chez les nonagénaires.
La prévalence de l’insuffisance cardiaque augmente avec l’âge, passant d’environ 3% entre 65 ans et 75 ans à 13% entre 75 et 85 ans. Au grand âge, son diagnostic est compliqué par la coexistence d’autres affections qui entraînent des symptômes similaires. Les niveaux circulants de la partie N-terminale du proBNP (ou Brain Natriuretic Peptide) sont considérés chez l’adulte jeune comme une aide précieuse au diagnostic et à l’évaluation de la sévérité de l’insuffisance cardiaque. Une équipe de chercheurs belges et néerlandais a étudié l’intérêt de ce peptide dans l’identification du risque de mortalité chez des patients nonagénaires dont certains étaient insuffisants cardiaques. Une cohorte de 274 sujets a été suivie depuis l’âge de 90 ans jusqu’au décès des participants. Les trois quarts n’avaient ni atteinte cognitive sévère ni dépendance pour les activités de la vie quotidienne. Cependant 66% d’entre eux souffraient de maladies cardiovasculaires et le niveau plasmatique du NT-proBNP était d’autant plus élevé que les problèmes cardiaques étaient nombreux. Une histoire d’infarctus du myocarde, d’arythmie, d’insuffisance cardiaque, de fibrillation auriculaire ou d’hypertrophie cardiaque était corrélée à une augmentation du NT-proBNP. Un niveau circulant élevé était associé à un risque de mortalité d’origine cardiovasculaire ou autre multiplié par un facteur 2 à 6. Pour les auteurs, ce peptide constitue un marqueur de la maladie cardiaque chez les nonagénaires pouvant être utilisé comme facteur prédictif du risque de mortalité.
Publié en Juin 2009
Références : Vaes B et al. J Am Geriatr Soc. 2009;57:823-829