Le risque de maladie de Parkinson augmente avec le nombre d'années d'exposition aux insecticides.
La maladie de Parkinson est, après la maladie d'Alzheimer, la deuxième maladie neuro-dégénérative la plus fréquente. Un certain nombre de facteurs de risque environnementaux, dont l’exposition répétée aux pesticides, semble impliqué dans la survenue de cette affection neurologique. Une enquête épidémiologique réalisée dans le sud-ouest de la France vient de confirmer ces suspicions. Une équipe de chercheurs a étudié les dossiers de 224 personnes souffrant de la maladie de Parkinson, ainsi qu’un groupe de 557 sujets témoins en bonne santé et comparables pour l’âge et le sexe. Toutes ces personnes du monde rural étaient affiliées à la Mutualité Sociale Agricole et vivaient dans le même département. Les chercheurs ont évalué les expositions aux pesticides au cours de la vie professionnelle des participants grâce à des questionnaires comportant des informations précisant la surface des exploitations, le type de cultures, les différents insecticides, fongicides ou herbicides utilisés, le nombre d'années et la fréquence annuelle d'exposition. Ce travail a montré que les personnes atteintes de maladie de Parkinson avaient utilisé plus souvent que les sujets témoins des pesticides et ce durant un plus grand nombre d'années. Les agriculteurs exposés aux pesticides avaient un risque deux fois plus élevé de développer une maladie de Parkinson que ceux qui n'en avaient pas utilisé. Plus précisément, les chercheurs ont mis en évidence un risque jusqu'à 2,4 fois plus élevé avec les insecticides organochlorés incluant le DDT et le lindane largement utilisés en France entre les années1950 et 1998, notamment pour le maïs et la pomme de terre. Ces produits persistent dans l'environnement de nombreuses années après leur utilisation. Ces données confirment les résultats d’enquêtes menées en Amérique du Nord. Aussi compte tenu de la majoration importante du risque de maladie de Parkinson lors de l’exposition aux pesticides, il est absolument nécessaire d’informer les agriculteurs et les travailleurs agricoles de leur bon usage ainsi que des mesures de protection.
Publié en Novembre 2009
Références : Elbaz A et al. Ann Neurol. 2009;66:494-504