Une exposition chronique à une situation stressante peut être lourde de conséquences pour notre santé. Le stress persistant induit en effet une activation neuroendocrinienne ainsi que la production de cytokines pro-inflammatoires, altérations que l’on considère comme responsables d’un vieillissement global accéléré. Bien que les effets du stress soient perçus de façon très différente selon la personnalité de chacun, un lien a été établi depuis plusieurs années entre la survenue de problèmes de santé divers et un stress chronique. Les données collectées sur une cohorte de 10 106 jumeaux suédois de plus de 65 ans (moyenne d’âge 72,7 ans) ont permis de préciser la relation éventuelle entre stress et risque de démence. Parmi les participants, 167 patients souffraient de maladie d’Alzheimer et 46 de démence vasculaire. Les personnes qui, au cours de leur vie professionnelle, n’avaient eu que très peu de marge de manœuvre ou de contrôle sur leur travail avaient un risque global de démence significativement augmenté de 17%, différence essentiellement due à une majoration de 39% du risque de démence vasculaire. De même, ceux qui se sentaient isolés et n’avaient bénéficié que de peu de soutien de la part de leurs collègues ou de leur hiérarchie avaient un risque de démence vasculaire augmenté de 28%. Ceux qui considéraient avoir été sous pression permanente sans aucun contrôle avaient un risque de démence également majoré de 28%, chiffre qui s’élevait à 35% en l’absence de soutien social. Ni la complexité des tâches, ni le travail manuel, ni la présence de facteurs de risque vasculaire ne permettaient d’expliquer ces observations. Les conditions de travail, en particulier la pression, l’absence de soutien ou de reconnaissance, semblent donc avoir un impact notable sur la préservation des performances intellectuelles.