Le syndrome d’hypotension artérielle n’est pas seulement lié à une dysautonomie.

L’hypotension orthostatique, l’hypotension postprandiale et l’hypersensibilité des barorécepteurs sont des anomalies de la régulation de la pression artérielle fréquentes chez les personnes âgées. Les mécanismes physiopathologiques sous-jacents font toujours l’objet de débats. Afin de préciser le rôle du système nerveux autonome chez des patients âgés chuteurs ou qui étaient sujets à des syncopes, 3 paramètres ont été considérés : la variabilité du rythme cardiaque, la variabilité tensionnelle et la sensibilité du baroréflexe. Pour cette étude transversale, les données obtenues chez 203 patients (moyenne d’âge 77,5 ans), qui consultaient en raison de chutes, de vertiges ou de syncopes, ont été analysées. Les sujets qui avaient été victimes depuis moins de 3 mois d’un infarctus du myocarde ou d’un AVC ou souffraient de tachyarythmies avaient été exclus du test de sensibilité du baroréflexe. L’hypotension orthostatique était définie par une baisse de pression systolique ou diastolique d’au moins 20 mmHg ou au moins 10 mmHg, respectivement, dans les 3 minutes suivant le passage en position debout après10 min de repos en position allongée. L’hypotension postprandiale avait été recherchée après la prise en position assise d’un repas liquide à température ambiante composé de 65 g de glucose, 2 g de lipides et 4 g de protéines. L’hypotension postprandiale était définie par une baisse de pression systolique d’au moins 20 mmHg au cours des 75 min suivant l’ingestion de ce repas. La réponse tensionnelle ou cardiaque à un massage du sinus carotidien a permis de mettre en évidence une éventuelle hypersensibilité des barorécepteurs (asystolie d’au moins 3 secondes ou baisse de pression systolique d’au moins 50 mmHg). Une analyse spectrale a permis d’évaluer la variabilité de ces paramètres. Parmi les patients qui ont participé à cette étude, 53%, 57% et 50% présentaient respectivement une hypotension orthostatique, une hypotension postprandiale ou une hypersensibilité du baroréflexe et 87% avaient au moins l’un de ces syndromes d’hypotension artérielle. Aucune différence n’a été observée en ce qui concernait la sensibilité du baroréflexe, la variabilité de la pression artérielle ou de la fréquence cardiaque entre les divers groupes de patients, qu’ils présentaient ou non un syndrome d’hypotension. De même, aucune relation entre les 3 principaux paramètres analysés et des antécédents de chutes, de vertiges ou de syncopes n’a pu être mise en évidence. Pour les auteurs, une altération de l’équilibre sympatho-vagal ne saurait donc expliquer à lui seul la survenue d’un syndrome d’hypotension artérielle chez le sujet âgé, confirmant ainsi la nature multifactorielle de cette anomalie.

Publié en Juillet 2013
Auteur : Bertrand Denis - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Lagro J et al. J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2013;68:581-589.