Les antagonistes du système rénine-angiotensine diminuent le risque de chute chez les personnes âgées.

La polymédication est fréquente chez les seniors et souvent associée à une augmentation de la fréquence des chutes. Alors que l’implication des psychotropes semble claire, la relation entre la prise de médicaments à visée cardiovasculaire et le risque de chute l’est beaucoup moins. Une étude prospective a été réalisée sur une cohorte de 531 sujets, sans déficit cognitif majeur (score au MMSE ≥ 24), âgés de 73 à 92 ans (moyenne d’âge 80 ans), qui ont été suivis pendant 1 année. Leur histoire médicale ainsi que leurs prescriptions médicamenteuses ont été examinées en détail, et la survenue d’une hypotension orthostatique a été recherchée par un test d’inclinaison ou tilt test. Le risque de chute à 1 an a été évalué à l’aide d’un score validé. Les chutes ont été répertoriées grâce à des agendas mensuels. Globalement, 70% des participants prenaient régulièrement des médicaments cardiovasculaires, et pour 54% d’entre eux il s’agissait soit d’un inhibiteur de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (IEC), soit d’un antagoniste des récepteurs de l’angiotensine. Une hypotension orthostatique a été diagnostiquée chez 23% des sujets. Au total, 462 chutes ont été dénombrées chez 237 personnes. La présence d’une hypotension orthostatique n’augmentait pas le risque de chute. Après ajustement sur le sexe, l’indice de masse corporelle, le score de risque de chutes, la prise de psychotropes ou de statines, les personnes qui prenaient régulièrement un médicament antagoniste du système rénine-angiotensine avaient un risque de chute diminué de 34%. Bien que des études antérieures aient montré que les IEC ralentissaient le déclin de la force musculaire lié à l’âge et amélioraient la capacité à l’exercice, aucun bénéfice sur la force des quadriceps n’a été retrouvé par les investigateurs. Les mécanismes responsables de cet effet protecteur des antagonistes du système rénine-angiotensine vis-à-vis des chutes restent donc à élucider.

Publié en Juillet 2013
Auteur : Bertrand Denis - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Wong AKW et al. J Am Geriatr Soc. 2013;61:776-781.