Les antécédents familiaux ne doivent pas être négligés dans l’évaluation du risque de maladie thrombo-embolique.
La thrombose veineuse profonde, ou phlébite, et l’embolie pulmonaire sont les deux manifestations de la maladie thrombo-embolique. Un caillot se forme dans le réseau veineux des membres inférieurs, peut se détacher, migrer et se bloquer dans une artère pulmonaire. Les facteurs de risques sont bien connus mais on ne sait pas si les antécédents familiaux de thrombose constituent un risque supplémentaire à prendre en compte. Des chercheurs hollandais ont étudié les antécédents familiaux de maladie thrombo-embolique chez 1605 patients présentant un premier épisode de thrombose veineuse et chez 2159 sujets témoins. Cinq cent cinq patients (31,5%) et 373 témoins (17,3%) signalaient un antécédent de maladie thrombo-embolique parmi un ou plusieurs parents du premier degré. Cet antécédent familial multipliait par 2 ou par 4 le risque de maladie selon qu’un ou plusieurs membres de la famille étaient concernés, respectivement. Les antécédents familiaux augmentaient la probabilité de thrombose veineuse, que les sujets aient ou pas de facteurs de risque génétiques ou environnementaux. Cette relation augmentait toutefois avec le nombre de facteurs de risque : les sujets cumulant un risque génétique, une cause environnementale et un antécédent familial de maladie thrombo-embolique avaient un risque 64 fois plus élevé que ceux qui n’avaient pas de facteur de risque ni d’histoire familiale. Les antécédents familiaux seraient plus importants que la découverte d’anomalies biologiques dans l’évaluation individuelle du risque de maladie thrombo-embolique.

Publié en Avril 2009
Références : Bezemer ID et al. Arch Intern Med. 2009;169:610-615