Les antidépresseurs de la classe des ISRS favorisent les fractures.

Les antidépresseurs constituent l’une des classes médicamenteuses les plus prescrites dans les pays occidentaux. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine, ou ISRS, souvent donnés en première intention en raison de leur bon rapport bénéfice/risque, sont parmi les plus utilisés. Pour préciser leurs effets indésirables sur le risque d’ostéoporose et de fracture, suspecté depuis quelques années, une méta-analyse des études de cohorte et des études cas-témoin a été récemment réalisée. Au total, 13 publications répondaient aux critères fixés, soit 7 études de cohorte ayant inclus entre 2 722 et 93 676 participants suivis pendant 4 à 8,4 années, et 6 études cas-témoins qui avaient enrôlé entre 6 763 et 124 655 cas et entre 26 341 et 373 962 témoins. Globalement, les personnes qui prenaient des ISRS avaient un risque de fracture augmenté de 72%. L’ajustement du risque sur la densité minérale osseuse ne modifiait pas cette relation. Par ailleurs la prise d’ISRS n’avait pas d’influence sur la perte minérale osseuse. Ces données suggèrent que cette classe d’antidépresseurs majore effectivement le risque de fracture mais indépendamment de la densité minérale osseuse. Les mécanismes impliqués restent à élucider, cependant, une altération de la structure du tissu osseux pouvant conduire à une fragilisation ou encore une augmentation du risque de chute associée à la prise de psychotropes, constituent les hypothèses les plus probables.

Publié en Février 2012
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Wu Q et al. Osteoporosis Int. 2012;23:365-375.