Les bénéfices de l’activité physique sont objectivés par des marqueurs biologiques de la maladie d’Alzheimer.

De nombreuses études ont montré que la pratique régulière d’une activité physique était un moyen simple et efficace pour maintenir ses capacités intellectuelles mais également pour réduire le risque de maladie d’Alzheimer. L’évolution de cette maladie, peut être suivie par différents biomarqueurs présents dans le liquide céphalorachidien, en particulier la protéine tau totale, la protéine tau hyperphosphorylée ainsi que le peptide β-amyloïde, ou encore par le «Pittsburgh Compound-B», ou PIB, un traceur utilisé en tomographie à émission de positons pour visualiser les plaques amyloïdes cérébrales. Des neurologues ont étudié les relations entre ces marqueurs biologiques et l’activité physique chez 69 hommes et femmes, âgés de 55 à 88 ans et indemnes d’altération cognitive. Ces participants ont rempli un questionnaire précisant leur niveau d’activité physique au cours de la décennie précédente. Les marqueurs de la maladie d’Alzheimer ont été mesurés chez 56 d’entre eux. Les résultats montrent que les sujets qui avaient les niveaux de fixation de PIB les plus forts et les taux de protéine tau totale et de protéine tau hyperphosphorylée les plus élevés étaient ceux qui faisaient le moins d’exercice physique. Après ajustement sur les facteurs de confusion, cette relation persistait seulement pour le PIB. Les sujets qui avaient une activité physique conforme aux recommandations de l’American Heart Association avaient un niveau de fixation du PIB plus bas et un taux de peptide β-amyloïde plus élevé, même après ajustement pour les facteurs de confusion. Ces relations étaient plus marquées chez les sujets non-porteurs de l’allèle epsilon 4 de l’APOE. Ce travail semble être le premier à objectiver une association entre le niveau d’activité physique et les marqueurs de la maladie d’Alzheimer chez les sujets âgés sans trouble cognitif.

Publié en Novembre 2010
Références : Liang KY et al. Ann Neurol. 2010;68:311-318.