Les bienfaits du régime méditerranéen mis en évidence en prévention primaire.

Si plusieurs études observationnelles ou de prévention secondaire ont bien démontré les effets cardiovasculaires bénéfiques d’une alimentation méditerranéenne, aucune étude de prévention primaire n’avait jusqu’ici été publiée. Pour combler cette lacune, une équipe espagnole a mis sur pied un essai multicentrique randomisé sur un total de 7 447 personnes, âgées de 55 à 80 ans lors de leur inclusion, dont 57% de femmes. Tous les participants étaient indemnes de maladie cardiovasculaire en début d’étude mais étaient considérés comme étant à haut risque cardiovasculaire, soit parce qu’ils étaient diabétiques, soit parce qu’ils présentaient au moins 3 des facteurs de risque suivants : tabagisme actif, hypertension, cholestérol LDL élevé, cholestérol HDL bas, surpoids ou obésité ou encore histoire familiale de maladie coronarienne précoce. Les participants ont été répartis en 3 groupes : un groupe régime méditerranéen supplémenté en huile d’olive extra vierge, un groupe régime méditerranéen supplémenté en noix, noisettes et amandes et un groupe témoin pauvre en graisses. Aucune recommandation de restriction calorique n’était dispensée. De même, les participants ne recevaient pas de conseil en ce qui concernait les activités physiques. Dans l’ensemble de la cohorte, 82% des sujets souffraient d’hypertension artérielle, 72% d’une dyslipidémie, 50% étaient diabétiques et 23% avaient des antécédents familiaux de maladie coronarienne précoce. Au départ, le régime alimentaire des participants était similaire dans les 3 groupes. Au cours de l’étude, les personnes des 2 groupes avec un régime méditerranéen ont montré une très bonne observance aux recommandations, objectivée par la mesure de marqueurs plasmatiques et urinaires, 1, 3 et 5 ans après le début de l’étude. Après un suivi médian de 4,8 années, le taux d’événements cardiovasculaires majeurs (infarctus du myocarde, AVC ou décès d’origine cardiovasculaire) était de 8,0, 8,1 et 11,2 pour 1000 personne-années respectivement, dans le groupe régime méditerranéen avec huile d’olive, celui du régime méditerranéen avec noix et le groupe témoin, soit une diminution relative de 30% du risque cardiovasculaire grâce au régime. Ces résultats confirment bien les bénéfices de ce type d’alimentation dans la prévention primaire des maladies cardiovasculaires.

Publié en Juin 2013
Auteur : L. Teillet - Hôpital Sainte-Périne,  Paris
Références : Estruch R et al. New Eng J Med. 2013;368:1279-1290.