Les grands seraient plus exposés au risque de thrombose veineuse.
Les facteurs de risque de thrombose veineuse sont multiples. Des situations telles que interventions chirurgicales, immobilisation, traumatismes, présence de tumeurs, grossesse…, sont bien connues pour favoriser ce type de complication cardiovasculaire. Cependant, un pourcentage significatif d’événements thromboemboliques, qui peut varier de 30 à 50% selon les études, ne semble pas lié à des facteurs favorisants évidents. Si certains paramètres anthropométriques tels que l’obésité sont maintenant bien identifiés comme étant des facteurs de risque de thrombose veineuse, les données concernant la taille sont moins claires, en particulier pour les femmes. Une étude prospective a donc été conduite sur une cohorte de près de 27 000 sujets de 25 à 96 ans (âge moyen 47 ans), sans antécédents de thrombose veineuse, et qui ont été suivis sur une durée médiane de 12,5 années. Au cours de cette période, 462 accidents thromboemboliques inauguraux ont été recensés, avec une distribution équivalente chez les femmes et chez les hommes pour les différentes localisations ou situations cliniques favorisantes. Après prise en compte des divers facteurs de risque classiquement identifiés, l’analyse a montré que les hommes de grande taille, mais pas les femmes, étaient plus exposés aux thromboses veineuses. Comparés aux hommes qui mesuraient moins de 1,73 m, ceux qui dépassaient 1,81 m étaient 2 fois plus à risque de complications thromboemboliques, quelle que soit la cause déclenchante. Cette augmentation du risque pourrait être en partie expliquée par une stase veineuse favorisée par une grande taille. La différence homme/femme mériterait d’être explorée plus en détail afin de vérifier les diverses hypothèses anatomo-physiologiques proposées.
Publié en Juin 2010
Références : Brækkan SK et al. Am J Epidemiol. 2010;171:1109-1115