Les prédispositions génétiques à l’obésité sont fortement atténuées par une vie active.
Des études récentes ont montré qu’il existait des facteurs génétiques de prédisposition à l’obésité, confirmant ainsi que nous ne sommes pas égaux face à un « environnement » favorisant la prise de poids. Ces travaux ont aussi montré que le risque d’obésité augmentait avec le nombre de gènes de susceptibilité retrouvés chez un individu. L’impact de cette composante génétique semble toutefois pouvoir être modulé par notre mode de vie comme viennent de le démontrer des épidémiologistes britanniques. Pour effectuer cette analyse, ils ont utilisé les données collectées dans le cadre de l’étude européenne intitulée European Prospective Investigation of Cancer (EPIC), et plus particulièrement celles de la cohorte de Norfolk en Grande Bretagne. Un examen de santé et un génotypage ont pu être effectués chez 20 430 participants âgés de 39 à 79 ans (moyenne 59 ans) en début d’étude, dans cette cohorte qui comportait autant d’hommes que de femmes. Un second examen de santé a été pratiqué 3,6 années plus tard chez 11 936 sujets. Leurs habitudes de vie ont été répertoriées à l’aide d’un questionnaire validé. Environ un tiers des participants était totalement sédentaire, et 22% des hommes et 15% des femmes étaient considérés comme très actifs. Les auteurs ont bien confirmé sur cette cohorte que la présence de gènes de susceptibilité favorisait la prise de poids. Ainsi, au cours du suivi, pour chaque allèle favorisant retrouvé, l’augmentation de poids a été estimée à 445 g pour une personne de 1,70 m. Cette relation était significativement plus marquée chez les personnes sédentaires, soit 592 g comparé à 379 g pour les plus actifs. Par ailleurs, la présence de plusieurs allèles favorisant l’obésité avait un effet cumulatif significativement plus marqué chez les personnes qui n’avaient pas d’activité physique. Pour ces investigateurs, une vie active permettrait de réduire de 35 à 40% les effets péjoratifs des facteurs génétiques de prédisposition à l’obésité.
Publié en Septembre 2010
Références : Li S et al. Plos Med. 2010;7:e1000332