Les troubles respiratoires associés au sommeil ainsi que les perturbations du rythme veille-sommeil sont bien souvent ignorés après un AVC ischémique.
Chez les patients qui ont été victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC), les troubles du sommeil ainsi que les problèmes respiratoires au cours de la nuit semblent fréquents si l’on en croit une revue récemment publiée dans le journal Neurology. L’analyse des publications parues depuis le milieu des années 90 sur ce sujet révèle que 50 à 70% des patients qui ont fait un AVC manifestent des troubles respiratoires du sommeil, essentiellement de type apnées obstructives, dans les suites immédiates de l’accident. Ces troubles respiratoires, également observés après un accident ischémique transitoire, s’améliorent au cours des mois qui suivent mais peuvent encore concerner jusqu’à 50% des malades 2 à 3 mois plus tard. L’hypersomnie, la somnolence diurne, ainsi que la fatigue sont également très fréquentes et peuvent persister plusieurs mois après un AVC. A l’inverse, des difficultés d’endormissement ou pour maintenir le sommeil, des réveils précoces ou un sommeil de mauvaise qualité sont retrouvés chez plus de la moitié des patients au cours des mois qui suivent l’accident. Un syndrome des jambes sans repos associé ou non aux mouvements périodiques des jambes ainsi que des comportements anormaux au cours du sommeil paradoxal sont aussi fréquemment observés. Ces diverses anomalies sont connues pour favoriser les complications cardiovasculaires. Les troubles des cycles veille-sommeil ont de leur côté un impact négatif sur les capacités cognitives et sont susceptibles de ralentir la vitesse de récupération des patients. Un diagnostic et une prise en charge adaptée de ces troubles semblent donc vivement souhaitables après un AVC. La pression positive continue constitue le traitement de référence pour les apnées du sommeil chez les sujets à risque, bien que peu d’études aient été consacrées aux patients en post-AVC. Si les agonistes dopaminergiques semblent indiqués pour le traitement des mouvements périodiques ou le syndrome des jambes sans repos, il ne semble pas y avoir de consensus en ce qui concerne la prise en charge médicamenteuse des troubles du sommeil en raison des effets secondaires propres à chaque classe de médicament potentiellement indiquée.
Publié en Décembre 2009
Références : Herman DM, Bassetti CL. Neurology. 2009;73:1313-1322