L’espérance de vie risque d’être abrégée si l’on s’éloigne trop du poids idéal.

Il est bien admis que l’obésité constitue un facteur de risque de morbidité et de mortalité cardiovasculaire. Une augmentation du risque de décès par cancer a également été observée chez les personnes obèses. Les conséquences du surpoids, soit un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 25,0 et 29,9 kg/m2, sont moins claires puisque certains auteurs ont même pu y voir un éventuel bénéfice. Pour mieux préciser l’impact de l’IMC sur l’espérance de vie en général, des études de cohorte de grande envergure sont indispensables. Dans ce but, des épidémiologistes ont tout récemment effectué une méta-analyse de 19 études prospectives sur la relation entre IMC et mortalité. Au total, l’ensemble de ces essais regroupait 1,46 million de personnes de 18 à 84 ans (âge médian 58 ans) et leur objectif principal initial était de suivre la mortalité par cancer. Leur durée était de 5 à 28 ans (médiane 10 ans). Globalement, 160 087 décès ont été recensés au cours des diverses études. Pour l’ensemble des sujets, il y avait une relation en J entre l’IMC et la mortalité globale. Si l’on se cantonne aux personnes qui n’avaient jamais fumé et qui au départ étaient indemnes de maladie cardiaque ou de cancer avérés, l’excès pondéral mais aussi un poids trop faible, étaient associés à une augmentation de la mortalité globale. Ainsi, comparées aux femmes qui avaient un IMC compris entre 22,5 et 24,9 kg/m2, et après ajustement sur l’âge, l’activité physique, le niveau d’éducation et la consommation d’alcool en particulier, celles qui avaient un IMC entre 15,0 et 18,4 kg/m2avaient un risque de mortalité augmenté de 47%, et pour un IMC entre 18,5 et 19,9 ce risque était majoré de 14%. Au dessus du poids jugé idéal, le risque était augmenté de 13% pour un IMC entre 25,0 et 29,9, de 44% entre 30,0 et 34,9, de 88% entre 35,0 et 39,9, et de 150% entre 40,0 et 49,9 kg/m2. Les chiffres étaient très similaires pour les hommes. Cette vaste méta-analyse confirme ainsi que l’IMC idéal chez l’adulte se situe entre 20,0 et 24,9 kg/m2et que l’obésité et le surpoids augmentent le risque de mortalité, quelle qu’en soit la cause. Les personnes trop minces semblent également plus fragiles puisque leur espérance de vie apparaît d’autant plus affectée que leur IMC s’éloigne des valeurs idéales. Toutefois, pour les auteurs, cette dernière observation pourrait être en lien avec certaines maladies présentes dès l’inclusion dans les études.

Publié en Décembre 2010
Références : Berrington de Gonzalez A et L. N Eng J Med. 2010;363:2211-2219.