L’hyponatrémie chronique est associée à une augmentation du risque d’ostéoporose.
L’hyponatrémie, définie par une concentration sérique en sodium inférieure à 135 mmol/L, est une anomalie biologique très fréquente qui concernerait plus de la moitié des personnes en institution. Dans environ 50% des cas, l’hyponatrémie chronique serait due à un syndrome de sécrétion inappropriée de vasopressine, ou SIADH. Bien que cet état soit considéré comme asymptomatique dans la plupart des cas, des données récentes montrent qu’une majoration de la morbidité pourrait lui être associée. Une partie importante du sodium corporel total étant stocké dans le squelette, des chercheurs ont conduit une étude à la fois expérimentale et clinique dans le but de préciser l’impact d’une hyponatrémie chronique sur la densité minérale osseuse. Ainsi, une hyponatrémie sévère d’une durée de 3 mois chez des rats de laboratoire a entraîné une perte osseuse de 30% au niveau du fémur qui s’expliquait par une augmentation de la résorption de l’os et une diminution de sa formation. Parallèlement, l’analyse d’un échantillon représentatif de la population américaine de personnes de 65 ans en moyenne, et participant à l’enquête NHANES III, a montré que celles qui avaient une hyponatrémie modérée (133,0 ± 0,2 mmol/L) avaient un risque d’ostéoporose au niveau de la hanche multiplié par 2,8. Cette augmentation du risque était maintenue après la prise en compte des principaux facteurs de confusion tels que l’âge, le niveau de vitamine D, la prise de médicaments, l’activité physique ou la corpulence. Sur la base de ces résultats, les auteurs suggèrent qu’une évaluation de la densité minérale osseuse soit réalisée chez tout patient présentant une hyponatrémie chronique.
Publié en Mai 2010
Références : Verbalis JG et al. J Bone Miner Res. 2010;25:554-563