L’insuffisance rénale chronique même modérée est associée à un risque plus élevé de maladie coronarienne.

Il est généralement recommandé par les instances de santé d’explorer la fonction rénale chez les patients qui souffrent de maladies cardiovasculaires avérées. Inversement, les insuffisants rénaux chroniques sont considérés comme ayant un risque plus élevé de coronaropathie. Toutefois, dans la population générale l’insuffisance rénale demeure longtemps asymptomatique. Une cohorte islandaise de près de 17 000 sujets âgés de 33 à 81 ans (moyenne de 53 ans) et exempte de pathologie vasculaire connue en début d’étude, a été suivie pendant près de 25 ans afin de déceler la survenue éventuelle d’une coronaropathie. Des données concernant la fonction rénale, dont la filtration glomérulaire estimée et la recherche d’une protéinurie, étaient disponibles pour tous les participants. A l’inclusion, 6% avaient une filtration glomérulaire inférieure à 60 ml/min/1,73 m2, 1,4% avaient une protéinurie et 7% avaient une insuffisance rénale chronique. Au cours du suivi, 4 010 accidents coronariens, 559 décès secondaires à un accident vasculaire cérébral, 662 d’autres causes vasculaires et 3 875 décès d’origine non vasculaire ont été recensés. Après ajustement sur les facteurs cardiovasculaires traditionnels, les personnes qui avaient une maladie rénale chronique, définie par une protéinurie ou une filtration < 60 ml/min, avaient un risque de coronaropathie qui augmentait en fonction de la sévérité de l’insuffisance rénale. Ce risque était ainsi multiplié par un facteur 1,6 à 4,3 entre les stades 1 et 4 d’insuffisance rénale, selon les définitions les plus récentes. La prise en compte de ce paramètre permettait d’affiner l’évaluation du niveau de risque coronarien. Ainsi, chez les sujets indemnes de pathologie vasculaire avérée, une augmentation du risque coronarien est retrouvée dès les premiers stades d’insuffisance rénale chronique.

Publié en Décembre 2010
Références : Di Angelantonio E et al. Brit Med J. 2010;341:c4986.