L’obésité sarcopénique entraîne des difficultés fonctionnelles sérieuses.
La sarcopénie, ou perte involontaire de muscle avec l’âge, s’exprime par une diminution de la masse maigre et de la force musculaire. Elle a des conséquences délétères sur les capacités motrices et l’autonomie, la morbidité en général, voire la mortalité. Des auteurs toulousains ont regardé si l’obésité sarcopénique était un marqueur de risque de fragilité plus puissant que la sarcopénie ou l’obésité prises séparément. Pour ce projet, ils ont utilisé les données de 1300 femmes âgées de plus de 65 ans, en bonne santé, vivant à domicile et suivies dans le cadre de l’étude EPIDOS. Les masses grasse et maigre ont été mesurées par absorptiométrie biphotonique. La sarcopénie a été définie comme une diminution de la masse musculaire d’au moins deux écart-types par rapport à la moyenne d’un groupe de femmes de référence. L’obésité correspondait au pourcentage de masse grasse situé au dessus du 60ème percentile. Parmi les sujets étudiés, 90 étaient sarcopéniques, 435 obèses, et 36 à la fois obèses et sarcopéniques, les autres femmes étant de corpulence idéale. Différentes mesures anthropométriques, l’état de santé, le mode de vie et la capacité physique ont été renseignées. Par rapport aux femmes qui avaient une composition corporelle satisfaisante et après ajustement sur les facteurs de confusion, les femmes sarcopéniques n’avaient pas plus de risque d’avoir des capacités physiques diminuées. Les femmes obèses avaient un risque majoré de 44 à 79% d’avoir des difficultés pour certaines activités physiques. Celles qui étaient à la fois sarcopéniques et obèses avaient un risque plus que doublé d’avoir des difficultés pour monter ou descendre un escalier.
Publié en Juillet 2009
Références : Rolland Y, Am J Clin Nutr. 2009;89:1895-900