Même en l’absence de signes cliniques, après 70 ans le cancer de la prostate peut être évolué.
En raison de leur évolution relativement lente, de nombreux cancers de la prostate restent latents et ne nécessiteront pas de traitement agressif chez beaucoup d’hommes de plus de 70 ans. Bien qu’il soit généralement admis qu’un dépistage systématique au-delà de 75 ans ne se justifie pas, l’augmentation de l’espérance de vie de la population ainsi que les progrès thérapeutiques pourraient éventuellement contribuer à modifier ce point de vue. Le niveau d’agressivité de la tumeur doit également être pris en considération dans l’attitude thérapeutique. Pour améliorer la connaissance des tumeurs prostatiques au-delà de 70 ans, des analyses histologiques ont été pratiquées sur 211 prostates prélevées post-mortem chez des hommes de 22 à 92 ans, dont la cause du décès n’était pas liée à un cancer de la prostate. Parmi les glandes analysées, 74 provenaient de sujets âgés de 70 ans ou plus. Chez ces derniers, 45% étaient porteurs d’une tumeur cancéreuse, alors qu’ils n’étaient que 19% chez les plus jeunes. Le volume total tumoral était plus important chez les plus âgés et surtout, le score de sévérité de Gleason était plus élevé. Un plus grand nombre de tumeurs avec extension extracapsulaire était aussi observé chez ces sujets. Ces données montrent que chez les plus de 70 ans les cancers de la prostate sont plus volumineux et plus agressifs que chez les hommes plus jeunes.
Publié en Décembre 2009
Références : Delongchamps NB et al. J Urol. 2009;182:927-930