Pourquoi les seniors adhèrent si peu aux programmes de prévention des chutes.
Le maintien d’une activité physique diminue l'incidence des chutes. Malgré cela, peu de personnes ont une activité jugée suffisante. Une enquête réalisée en Angleterre a montré que 40% des personnes de plus de 50 ans déclaraient être moins actives que ce qui est recommandé. Ces chiffres sont encore moins bons pour la communauté indienne vivant en Grande Bretagne. Pourquoi les communautés blanche et indienne vivant aux Royaume-Uni n’adoptent pas les recommandations des programmes de prévention des chutes ? Les résultats de cette étude montrent que les sujets interrogés ne considèrent pas les chutes comme un évènement grave et leur prévention comme une priorité. Les personnes d’origine indienne sont plus fatalistes et pensent que la chute est un accident imprévisible et inévitable. Les seniors les plus jeunes sont les moins motivés pour pratiquer un exercice physique préventif. Le fait de tomber renvoie selon eux à une image négative du vieillissement, à la fragilité et une mauvaise santé inéluctable liée au grand âge. Promouvoir l’exercice physique dans cette population pour éviter de tomber n’est donc pas une bonne stratégie. L’idéal serait plutôt de mettre en valeur les aspects positifs de l’activité physique pour améliorer leur qualité de vie. A l’inverse, les sujets qui ont déjà été victimes d’une chute sont plus réceptifs aux messages de prévention et seraient davantage prêts à adhérer à un programme d’activité physique. Toutefois, la peur de retomber peut limiter leur participation à ce type d’action. En bref, d’après cette étude, développer des programmes de prévention primaire des chutes ne semble pas être la meilleure stratégie. Les sujets les plus âgés, ceux qui sont déjà tombés ou qui ont des facteurs de risque de chutes, devraient plutôt être incités à conserver une vie active en mettant l’accent sur les aspects positifs de l’activité physique tels que le bien-être général.



Publié en Février 2009
Références : Horne M et al. Age Ageing. 2009;38:68-73