Pratiquer des activités intellectuellement stimulantes pour prévenir la démence.
Au cours de ces dix dernières années, beaucoup d’études ont montré que la participation à des activités sociales et de loisirs diminuait le risque de déclin cognitif, de démence, voire de maladie d’Alzheimer. Plusieurs hypothèses ont été proposées pour expliquer cette relation, parmi lesquelles figure la théorie de la réserve cognitive. Les sujets ayant une réserve cognitive élevée auraient des réseaux neuronaux plus efficaces et plus de facilité pour utiliser des réseaux alternatifs lors de l’apparition de lésions cérébrales, retardant ainsi l’apparition des signes cliniques de la maladie d’Alzheimer. Si cette hypothèse est vraie, il est important de déterminer quel type d'activités de loisirs contribue le plus à maintenir cette réserve cognitive. Dans le cadre de l’étude épidémiologique des Trois Cités, des chercheurs Français ont analysé les relations entre les différentes activités de loisirs et le risque de développer une démence. Ces activités ont été notées à l’inclusion chez 6 000 sujets de plus de 65 ans qui ne présentaient pas de démence au moment de leur entrée dans l’étude. Quatre catégories d’activités ont été distinguées :- les activités intellectuellement stimulantes (mots croisés, jeux de cartes, vie associative, activités culturelles ou artistiques) - les activités de loisirs passives (télévision, écoute de la musique, radio, couture) - les activités de loisirs physiques (jardinage, bricolage, marche à pied) - les activités sociales. Après 4 ans, une batterie de tests neuropsychologiques ainsi qu’une évaluation faite par des neurologues extérieurs à l’étude ont permis de diagnostiquer 161 cas de démences. Les participants qui pratiquaient au moins deux fois par semaine une activité intellectuelle stimulante étaient deux fois moins susceptibles de développer une démence ou une maladie d’Alzheimer que ceux qui la pratiquait moins d’une fois par semaine. Les auteurs n’ont pas observé de relation entre la survenue d’une démence et les autres catégories d’activités de loisirs. Ces résultats n’étaient pas modifiés par le niveau d’éducation, la catégorie socioprofessionnelle ou l’état cognitif à l’inclusion. La promotion d’activités stimulantes au plan intellectuel pourrait constituer une démarche de santé publique intéressante, d’autant qu’elle est dénuée de tout risque d’effet secondaire néfaste.
Publié en Novembre 2009
Références : Akbaraly TN et al. Neurology. 2009;73:854-61