Quel est le bénéfice de l’activité physique modérée chez les résidents en institution qui manifestent des symptômes dépressifs ?

Les symptômes dépressifs dont souffrent une grande partie des personnes âgées en institution altèrent notablement leur qualité de vie. Il est communément admis qu’une activité physique régulière contribue à diminuer la prévalence de la dépression bien que des preuves formelles, en particulier dans la population âgée et fragile, fassent défaut. Une étude contrôlée a été réalisée en Grande Bretagne auprès de 891 résidents âgés de 65 à 107 ans (moyenne 86,5 ans) qui vivaient dans 78 institutions différentes. Une intervention consistant en des exercices dirigés par des kinésithérapeutes, à raison de 45 minutes, 2 fois par semaine, a été dispensée dans 35 établissements, par groupes de 10 personnes en moyenne. De plus, ces résidents étaient encouragés à augmenter leurs activités physiques dans leur vie quotidienne. La présence de symptômes dépressifs a été recherchée à l’aide de l’échelle GDS-15 (Geriatric Depression Scale-15). Les résidents des 43 autres établissements constituaient le groupe témoin. En début d’étude, 49% des participants étaient dépressifs. Une évaluation a pu être obtenue en fin d’étude chez 63% des résidents. A l’issu des 12 mois de l’étude, le taux de participation aux exercices dépassait 70% chez les 679 survivants, en dépit de leur état de santé médiocre. Il faut préciser que la plupart des exercices se faisaient en position assise. A la fin de l’essai, le score de dépression de l’ensemble des participants qui avaient bénéficié de l’intervention était légèrement plus élevé que celui des sujets témoins. De même, chez les personnes dépressives en début d’étude, le score au GDS-15 à 6 mois était un peu plus élevé que celui des sujets témoins, bien que la différence ne soit pas significative. L’analyse transversale réalisée en fin d’étude a montré que le risque de présenter des symptômes dépressifs n’était pas significativement différent entre le groupe intervention et le groupe témoin. Pour les auteurs de cette étude, au vu de ces résultats, des approches alternatives à l’activité physique modérée doivent être envisagées pour atténuer les symptômes dépressifs chez les personnes fragiles vivant en institution.

Publié en Septembre 2013
Auteur : G. Hamon - Successful Aging, Boulogne-Billancourt
Références : Underwood M et al. Lancet. 2013;382:41-49.