Repérer un risque ou une situation de maltraitance diminue la mortalité des personnes âgées fragiles.
Les mauvais traitements augmentent jusqu’à trois fois le taux de mortalité chez les personnes âgées vulnérables. Cette surmortalité ne serait pas due aux blessures provoquées par la maltraitance, mais à l’anxiété et à ses conséquences pathologiques chez ces personnes fragilisées. Une équipe américaine a cherché à vérifier si la mortalité des femmes subissant des abus physiques ou verbaux était réellement augmentée et quelles pouvaient en être les causes. Près de 200 000 femmes de l’étude Women's Health Initiative (WHI), vivant à domicile, âgées de 50 à 79 ans à l’inclusion ont répondu à une enquête sur la maltraitance dès 1993. La mortalité a été recensée de 1993 à 2005. L’analyse des questionnaires a montré que la prévalence de la maltraitance était de 11,3%. La maltraitance physique était associée à une augmentation de 54% de la mortalité, après ajustement sur l’âge, le niveau social, les problèmes de santé et l’origine ethnique. Les décès des femmes victimes de violences verbales étaient aussi plus élevés. Ils étaient surtout dus à des maladies cardiovasculaires, alors que ceux des femmes ayant déclaré des violences physiques (avec ou sans violence verbale) étaient plus en relation avec des affections autres que cardiovasculaires. Par ailleurs, les femmes maltraitées étaient moins optimistes et plus déprimées que les autres. Ces résultats soulignent la nécessité d’étudier plus en détail les mécanismes expliquant cette surmortalité et surtout de mettre en place une politique de prévention de la maltraitance.
Publié en Décembre 2009
Références : Baker MW et al. J Am Geriatr Soc. 2009;57:1799-1809